Le principe : une lumière par soir, puis une de plus
Le commandement de base, selon le Talmud, est d'avoir chaque soir une lumière allumée par le maître de maison, pour lui et sa famille. Ceux qui y mettent plus de soin, les mehadrin, allument une lumière pour chaque personne de la maison. D'autres, encore plus scrupuleux, en font varier le nombre chaque jour, et là Beit Chammaï et Beit Hillel diffèrent : Beit Chammaï décomptent de huit à une, Beit Hillel ajoutent chaque soir une lumière, de une à huit (Chabbat 21b). La pratique suit Beit Hillel : une lumière le premier soir, puis une de plus chaque soir, jusqu'à huit le dernier. Même si la maisonnée est nombreuse, le Choulhan Aroukh ne dépasse pas ce nombre (Orah Hayim 671:2).
Le Rema ajoute l'usage répandu où chacun des membres de la maison allume sa propre hanoukkia. Dans ce cas, il demande que chacun place la sienne à un endroit distinct, pour que l'on puisse compter ses lumières (671:2). Les femmes sont tenues par le commandement comme les hommes (675:3), et le Rema veut qu'un enfant en âge d'être éduqué allume aussi.
| Soir | Date en 2026 | Lumières |
|---|---|---|
| 1 | vendredi 4 décembre | 1 |
| 2 | samedi 5 décembre (après la sortie de Chabbat) | 2 |
| 3 | dimanche 6 décembre | 3 |
| 4 | lundi 7 décembre | 4 |
| 5 | mardi 8 décembre | 5 |
| 6 | mercredi 9 décembre | 6 |
| 7 | jeudi 10 décembre | 7 |
| 8 | vendredi 11 décembre | 8 |
Chaque date est celle du soir où l'on allume : la veille du jour juif. Les heures pour votre ville sont sur Hanoukka 2026.
Ce qu'il faut préparer
Le Choulhan Aroukh admet toute huile et toute mèche (Orah Hayim 673:1). Le Rema note que l'huile d'olive est la plus belle façon d'accomplir le commandement ; à défaut, une huile dont la flamme est pure et claire. Là où il écrit, l'usage est d'allumer des bougies de cire, dont la flamme est aussi claire que celle de l'huile.
Deux autres points de la même source :
- Un récipient en terre cuite ordinaire qui a servi une nuit est « vieilli » et ne sert plus ; le métal, le verre et la terre vernissée se réutilisent (673:3).
- Les lumières se placent en ligne droite, et non en cercle, qui évoquerait un feu de joie (671:4). Une hanoukkia à huit branches alignées répond à cette règle.
Le chamach est une neuvième lumière, qui sert à allumer les autres. Le Rema explique qu'on l'allume en plus parce qu'il est interdit de profiter de la lumière de Hanoukka ; si l'on s'en sert, ce sera de celle-ci. Dans les pays où il écrit, on ne rajoute pas de lumière à part : on se contente du chamach, et on le rend plus long que les autres pour qu'on l'utilise de préférence (673:1). Beaucoup de hanoukkiot le placent sur une branche plus haute.
Où la placer
On pose la lumière à l'entrée qui donne sur la voie publique, côté extérieur. Pour qui habite à l'étage, sans entrée sur la rue, c'est une fenêtre qui donne sur la voie publique (671:5). Elle se place à plus de trois paumes du sol et, de préférence, à moins de dix ; au-delà de vingt coudées, le commandement n'est pas accompli (671:6). Le Choulhan Aroukh la veut à gauche de la porte, pour que la mezouza soit à droite et la hanoukkia à gauche (671:7).
Aujourd'hui, la plupart allument à l'intérieur. Le Rema écrit que dans ce cas on n'a pas à se soucier autant de la distance à la porte, mais que l'usage reste de la placer près de l'entrée, et de ne pas l'installer là où l'on allume toute l'année : il faut au moins un signe qui distingue Hanoukka. L'usage courant est donc une fenêtre ou une table près de l'entrée, que l'on voit de la rue ou de la pièce où l'on vit. Ce choix se règle avec son rabbin, notamment en immeuble.
À quelle heure allumer
Le Choulhan Aroukh fixe le moment de l'allumage à la fin du coucher du soleil, ni avant ni après ; il rapporte aussi un avis qui permet, pour qui est occupé, d'allumer dès plag hamin'ha avec assez d'huile pour tenir jusqu'à ce que les passants se raréfient (Orah Hayim 672:1). Le Talmud mesure la fin de ce temps à l'arrêt de la circulation sur la place du marché (Chabbat 21b), environ une demi-heure.
Qui n'a pas allumé à temps, par oubli ou volontairement, allume jusqu'à la fin de cette demi-heure. Le Rema estime qu'aujourd'hui, où l'on allume chez soi, il n'est plus indispensable de s'en tenir à ce délai, mais qu'il reste bon de s'y tenir. Passé ce délai, on allume encore durant la nuit ; la nuit passée sans avoir allumé, on ne rattrape pas (672:2). Les communautés ne suivent pas toutes le même moment, entre le coucher du soleil et l'apparition des étoiles : demandez l'usage de la vôtre. L'heure du coucher du soleil dans votre ville est sur la page Horaires de Chabbat.
Dans quel ordre allumer
Le premier soir, on allume la seule lumière, à droite. Le deuxième soir, on ajoute une lumière à gauche : c'est celle-là que l'on allume en premier, puis on va vers la droite. Chaque soir suivant, on ajoute la nouvelle lumière à gauche et on allume d'abord la plus récente, puis on va vers la droite : la lumière ajoutée rappelle que le miracle a grandi chaque jour (Orah Hayim 676:5). Le dernier soir, on allume donc de la huitième lumière, tout à gauche, jusqu'à la première, tout à droite.
Concrètement, le troisième soir : on remplit les trois godets de droite, on allume le chamach, on dit les bénédictions, puis on allume le godet de gauche des trois, puis les deux suivants vers la droite.
Les bénédictions
Le premier soir, on dit trois bénédictions : léhadlik ner chel Hanoukka (allumer la lumière de Hanoukka), chéassa nissim laavoténou (qui a fait des miracles pour nos pères) et chéhéhéyanou (qui nous a fait vivre jusqu'à ce temps). Les soirs suivants, deux seulement : les deux premières (Orah Hayim 676:1 et 676:2). Qui a oublié chéhéhéyanou le premier soir peut la dire un autre soir, dès qu'il y pense. Selon le Rema, on dit les bénédictions avant de commencer à allumer.
Une fois l'allumage fait, on récite Haneirot halalou (« Ces lumières, nous les allumons pour les délivrances, pour les miracles et pour les prodiges… », 676:4). Le texte complet des bénédictions et de ce passage se trouve dans un livre de prières ou dans le rituel de votre communauté.
Quand Hanoukka tombe un vendredi
En 2026, le premier soir est un vendredi, et le huitième aussi. Le vendredi, on allume la hanoukkia d'abord, puis les bougies de Chabbat : on dit les bénédictions comme en semaine, même si l'on allume alors que le jour est encore grand (Orah Hayim 679:1, avec la glose du Rema). À Paris, d'après le calcul de Moed, les bougies de Chabbat s'allument à 16:37 le vendredi 4 décembre et à 16:35 le vendredi 11 décembre : la hanoukkia s'allume donc avant ces heures. La durée dont la hanoukkia doit brûler ce soir-là, avant et pendant Chabbat, est à demander à votre rabbin.
Le samedi soir, on allume la hanoukkia après la sortie de Chabbat, avant la fin de la nuit : à Paris, d'après Moed, la sortie de Chabbat est à 17:49 le samedi 5 décembre. Pour ce calcul, voyez La sortie de Chabbat : 8,5° ou Rabbénou Tam ?.
Quand on est loin de chez soi
Le Choulhan Aroukh dit que celui qui se trouve dans un lieu sans Juifs allume avec les bénédictions, même si on allume pour lui chez lui (Orah Hayim 677:3). L'endroit où allumer à l'hôtel ou en résidence se demande à son rabbin ; l'heure à suivre est celle du lieu où l'on se trouve.
Chaque situation dépend de l'heure exacte, de l'endroit et de l'usage de la communauté. Pour une décision halakhique, consultez votre rabbin.


